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ATELIER / Table Ronde  
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Maison SUGER

 

 




Conférenciers




© 2000
MSH / GRIP

GRIP

 



Esthétique des arts technologiques





 
Date : Jeudi 7 Décembre 2000 16h-18h30
Lieu: Maison SUGER / Salle de Conférence
Adresse: 16, 18 rue Suger - 75006 Paris
Metro:

ODEON

 

Atelier / Table ronde organisé par le GRIP, avec la collaboration de la Maison SUGER.


Au cours de cet atelier, à travers la présentation des divers conférenciers, cette table ronde fera le point sur la création actuelle et explorera les pratiques émergentes dans les arts technologiques.

 

Présentation :

L'art tout au long du XXième siècle a évolué vers une place de plus en plus grande accordée à la communication, l'interactivité, la performance, l'installation et la participation du public. L'émergence d'une esthétique des arts technologiques où les réseaux, les machines - interfaces, les capteurs jouent un rôle de plus en plus important dans les processus de création pose tout un ensemble de questions, allant du statut de l'artiste à la nature de l'oeuvre. Effaçant les anciennes catégories esthétiques et culturelles les interfaces technologiques, principalement dans les domaines des arts plastiques, se disséminent selon des modalités sensorielles et extra - sensorielles, utilisant des processus multi-modaux où la proprioceptivité, la tactilité, l'émotivité, les attitudes, deviennent formes, nouveaux indices du retour des sens. Les installations multimédias ne reposent plus sur un médium, mais sur des processus en action, en rétroaction, en devenir. On assiste alors, à une disparition du support, du substrat matériel. Où est passée la Peinture, quand les machines se mettent à peindre ?. Que devient la geste artistique à l'ère de sa production numérique ?. Comment ces formes d'art concourent-elles à l'émergence d'une nouvelle esthétique ?. Cette table ronde répond aux diverses interrogations posées par l'usage des interfaces numériques dans les arts technologiques, au travers de pratiques artistiques contemporaines.


Lyotard, naguère, rappelait que la fonction de la critique ou de la théorie consistait à transformer " les toiles " ou tableaux en " mots ". Il insistait ce faisant sur la fonction créative de la théorie esthétique qui ne se contente pas uniquement d'inventorier et de répertorier, mais reconstitue le monde, à sa manière qui est celle du langage. Cette fonction semble désormais dévolue aux artistes contemporains qui utilisent et manipulent les interfaces technologiques mises à leur disposition. Leurs matériaux comme les formes sont des processus et langages. Critiques autant qu'artistes, leurs oeuvres hybrides sont autant d'esthétiques qui interrogent le monde. Une nouvelle histoire de l'art semble s'esquisser. "Une autre histoire de la peinture est possible, disait R.Barthes, qui n'est pas celle des oeuvres et des artistes, mais celle des outils et des matières ; pendant longtemps, très longtemps, l'artiste, chez nous, n'a reçu aucune individualité de son outil : c'était uniformément le pinceau ; lorsque la peinture est entrée dans la crise historique, l'outil s'est multiplié, le matériau aussi ; il y a eu un voyage infini des objets traçants et des supports ; les limites de l'outil pictural sont sans cesse reculées" . (L'Obvie et l'Obtus, p.194-195). Il s'agit désormais de transformer en mots, une matière dense, charnelle, épaisse, et de participer ainsi à sa mise en scène, jusqu'à cette invisible pureté du concept par des allers et retours liant le réel au virtuel.

Les artistes de cette fin de siècle ne se distinguent pas particulièrement des plus grands noms des siècles passés. Les plus marquants ont été précisément ceux qui ont pu introduire des techniques et des matériaux nouveaux. Tout comme le souligne justement Mario Costa "L'histoire des arts est essentiellement l'histoire des moyens techniques, de l'émergence de leurs possibilités spécifiques de rendement, de leur capacité multiforme d'hybridation, de leur influence et de leur réaction réciproques, de leur triomphe et de leur décadence". Les ressources technologiques d'une époque déterminent des épistémès mais aussi bien des formes artistiques. Les nouvelles technologies ne sont pas du tout étrangères à certaines préoccupations dominantes en art : elles favorisent la communication, elles sont souples et adaptables à des considérations subjectives, tout comme elles permettent d'atteindre un large public. Mais, surtout, leur nature polymorphe favorise la créativité. Le domaine des arts, historiquement si proche du pouls d'une civilisation, ne peut rester imperméable aux transformations du cadre instrumental, matériel, immatériel et logique, qui caractérisent notre époque.

Jean - Paul Longavesne

 


Remerciements :

Nous remercions particulièrement Mr. Jean Luc LORY, Directeur de la Maison SUGER pour son accueil.

Cet Atelier a reçu le soutien de la Maison SUGER & du GRIP. Il s'inscrit dans le cadre des "manifestations associées" à ISEA 2000.

 

     
   

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