gélatine
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L’idée de « Gélatine » est
partie du tsunami qui a déferlé sur l’Asie dernièrement,
catastrophe qui stigmatise la puissance de l’eau tout en désignant
par ailleurs sa raréfaction. Ce phénomène rappelle également
la puissance esthétique du motif d’Hokusai et la force
symbolique de l’immersion.
«
Gélatine » est une fiction interactive qui met en scène
La Mer hors d'état de nuire emprisonnée dans le filet
d'un écran, un jour mythique où les Hommes auront réussi à la
dompter voire à la sacrifier.
Le spectateur met en branle le mouvement perpétuel de La Mer
par sa simple approche, d’une certaine manière il suscite
par sa présence un déferlement chaotique, une exaspération
sourde, une défense animale. À ce moment où l’image
s’agite, le spectateur plonge dans un état immersif alors
que l’écran d’eau ne cesse de refuser cette pénétration.
Elle ne tire plus sa puissance des profondeurs, mais elle est écartelée
par le cadre de l’écran. La Mer, espèce en voie
d’extinction, en état de sursis et de captivité,
tente de se défendre comme le lion, roi des animaux, griffant
les barreaux de sa cage, stimulé par la curiosité des
visiteurs.
Au-delà de ce scénario catastrophiste, « Gélatine » est
aussi un prétexte pour désacraliser le rapport œuvre/spectateur,
puisque ici l’œuvre ne « supporte » pas les
spectateurs, c’est une torture qui va déshabiller toute
sa mécanique. Ainsi elle peut être regardée de
loin, les vagues défilent lentement, vue de près, La
Mer réagit fortement mais malheureusement c’est
cette tension qui fascinera le plus les spectateurs…
La vidéo séquencée image par image joue très
lentement en boucle, le spectateur est détecté dans un
champ de 3 mètres sous une caméra infrarouge, selon qu’il
soit proche ou loin de l’écran de projection, La Mer se
met à trembler comme une gélatine quand on la secoue.
Plus il y a de personnes passant devant le dispositif, plus les vagues
se replient violemment sur elles-mêmes. Au bout d’un certain
temps, la Mer s’habitue aux visiteurs qui viennent la contempler.