180°  
   
 
Inspiration : Thomas l’obscur de M. Blanchot
 
 











IIntitulé : 180°
Année de production : 2003
Technique employée : son, couleur, interactive
Programmation : Max Msp Jitter
Dimension : 20m2 minimum



Ce projet est l’histoire d’un homme (le spectateur : X) qui naît et meurt.
X entre dans une pièce. La pièce est silencieuse.
Situé à cinq mètres environ de X, un moniteur-caméra, contrôlé par un ordinateur, tourne en continu. X est placé face à lui. Le moniteur-caméra, qui couvre un champ de 180°, filme l’espace en temps réel.
Au moyen de jumelles équipées d’un laser, X découvre l’image de cet espace qu’il occupe, de cet espace filmé par le moniteur-caméra.
Lorsque le point rouge du laser - situé au centre du champ visuel - touche le moniteur-caméra, la machine s’immobilise, comme bloquée. Les circonstances de la vision changent alors brusquement.
Grâce à l’immobilisation de la machine, le spectateur peut enfin saisir une image tangible.
Un bruit monte, à mesure que le capteur saisit le frémissement du mouvement du point rouge sur le moniteur. Ce son est une sorte de bruit sourd. Le bruit sourd s’amplifie.
Enfin, si X continue de fixer le moniteur-caméra, la caméra zoome automatiquement. Une série de détails jusqu’alors invisibles va être découverte au moyen de ce zoom. L’image tangible devient une image précise, une image nette.
Mais à un moment donné, l’extension de la visibilité atteint son point de saturation. L’objectif continue de zoomer, encore et encore, jusqu’à finir par perdre complètement la mise au point. X ne distingue plus que la masse floue.
Cette " vision " de l’absence de contours progresse seulement si X maintient sur l’écran un regard fixe. Dans le temps, il peut voir alors que l’obscurité est en train d’inonder l’image. Puis X perçoit le vide, l’écran noir, mis à part le point rouge du laser qui reste sur l’écran, et qui continue de frissonner. C’est le frémissement du mouvement du corps de X.
Le son, sourd, amplifie la présence physique de ce frémissement.
À l’horizon apparaît la cause de ce qui est vu, la cause de l’apparition et de la disparition de l’image.
L’image est morte. X, né à l’image avec celle-ci, y meurt à ses côtés.



contact : fuj@net1.kdd.fr